Archives quotidiennes : 26 décembre 2012

25 décembre 499. Victime du harcèlement de Clotilde, Clovis finit par se faire baptiser à Reims.

En embrassant la religion chrétienne, le roi des Francs inaugure une ère de paix, d’amour et de fraternité. Tu parles…

25 décembre 499. Victime du harcèlement de Clotilde, Clovis finit par se faire baptiser à Reims.

Par FRÉDÉRIC LEWINO ET GWENDOLINE DOS SANTOS

http://www.lepoint.fr/c-est-arrive-aujourd-hui/25-decembre-599-victime-du-harcelement-de-clotilde-clovis-finit-par-se-faire-baptiser-a-reims-25-12-2012-1605792_494.php

Quel imbécile a prétendu que Henry Ford avait inventé le travail à la chaîne ? Et Rémi, l’évêque de Reims, qu’a-t-il fait d’autre en baptisant le même jour Clovis et ses 3 000 guerriers ? Le roi des Francs est en tête de file. Il a 32 ans, il est magnifique. Musclé, fier, il ressemble à Matt Pokora attendant d’être noté par le jury de Danse avec les stars ! Au premier rang de l’assistance, on reconnaît la reine Clotilde, rayonnante. Enfin, Cloclo l’a écoutée, il devient chrétien comme elle. Cela fait des années qu’elle le tanne pour jeter aux oubliettes ses innombrables dieux guerriers, au profit du seul, de l’unique, du Dieu chrétien qui n’est fait que d’amour et de charité. Alléluia ! Désormais l’Histoire de France ne sera plus que paix, fraternité et douceur.

Derrière Clovis, 3 000 guerriers francs piétinent d’impatience. Chacun avec sa serviette et son bonnet de bain, car, à l’époque, le baptême se fait par immersion dans la piscine du baptistère. Yannick Agnel leur a passé la consigne : à l’entrée, il faut frotter les pieds sur le paillasson anti-mycose. À propos, quel est ce jour béni des Dieux qui voit la France devenir fille aînée de l’Église ? Le jour est quasi certain, c’est le 25 décembre, jour de Noël. Mais de quelle année ? C’est flou, probablement entre 496 et 511. Les partisans de 499 sont les plus nombreux. Tope là !

Émotion intense

On ne connaît pas non plus avec précision le déroulement de la cérémonie. On sait que Christine Boutin a aidé la reine Clotilde à superbement décorer la cathédrale pour impressionner son époux et ses guerriers. La cathédrale d’alors est un bâtiment trapu de 20 mètres sur 55 mètres. À proximité s’élève le baptistère, de forme carrée. C’est dans celui-ci que les candidats à la conversion font trempette dans un bassin de forme circulaire. Rémi bénit chacun d’eux avant de leur déposer sur le front le chrême, un mélange d’huile d’olive et de résine aromatique. Trois mille guerriers à baptiser ! Rémi a du pain – bénit – sur la planche. Si ce nombre, rapporté par Grégoire de Tours, est réel, il lui a fallu pas moins de cinquante heures pour mener à son terme la cérémonie, à raison d’une minute passée par guerrier. Sans faire un stop, ni pour manger, ni pour faire pipi ou caca. Invraisemblable ! Le vrai nombre de guerriers baptisés ce jour-là est certainement bien inférieur aux 3 000 annoncés.

Clovis est donc le premier. Il hésite avant de descendre dans le bassin, mais y voyant Laure Manaudou en tenue d’Ève, il plonge furieusement. Rémi fait le signe de croix et l’interpelle : « Courbe doucement la tête, fier Sicambre ; adore ce que tu as brûlé, brûle ce que tu as adoré », avant de lui apposer le chrême sur le front. Moment d’émotion intense. Stéphane Bern, qui a laissé tomber l’examen du phallus de Raspoutine (voir éphéméride du 16 décembre), partage son émoi avec la France entière sur France 2. Il explique que le roi des Francs a très sérieusement préparé sa conversion en suivant des cours du soir avec l’évêque de Reims.

Il lui a fallu apprendre qui est le seigneur, comprendre ce que vient faire Jésus dans cette histoire. Rémi lui enseigne la catéchèse suivant les préceptes des conciles de Nicée, de Constantinople et de Chalcédoine. Clovis ingurgite encore la moralité, le rituel et l’histoire du Salut. Et le dogme trinitaire ? Il a dû se le coltiner, également, de même que les crédos. Quand Rémi lui raconte l’histoire de la Passion, Clovis a du mal à la gober. Qu’est-ce que c’est que cette histoire de Dieu tout-puissant qui se laisse crucifier ? C’est de la daube, mec. Pas crédible. Il s’exclame : « Si j’avais été là avec mes Francs, j’aurais vengé cette injure ! »

Vie dure

Pour autant, Clovis ne renonce pas à rejoindre le camp des chrétiens, car il y trouve de nombreux avantages. D’abord, la paix à la maison. Son épouse Clotilde cessera de le bassiner, maintenant qu’il a plongé dans le bassin. Et Dieu sait si elle peut se montrer aussi emmerdante que la Trierweiler quand elle veut quelque chose. Elle lui répète à tout bout de champ : « Les dieux que vous adorez ne sont rien, puisqu’ils ne peuvent se secourir eux-mêmes ni secourir les autres ; car ils sont de pierre, de bois ou de quelque métal. Les noms que vous leur avez donnés sont des noms d’hommes et non de dieux. » Ce à quoi il répond : « C’est par l’ordre de nos dieux que toutes choses sont créées et produites ; il est clair que votre Dieu ne peut rien ; bien plus, il est prouvé qu’il n’est pas de la race des dieux. »

Lors de la naissance de leur enfant Ingomer, Clotilde exige le baptême. Il laisse faire. Une semaine plus tard quand Ingomer meurt, le roi passe un savon à son épouse : « Si l’enfant avait été consacré au nom de mes dieux, il vivrait encore ; mais comme il a été baptisé au nom de votre Dieu, il n’a pu vivre. » Et vlan dans les dents ! Mais il en faut plus pour décourager Clotilde. Elle a réponse à tout. « Je rends grâces au puissant Créateur de toutes choses, qui ne m’a pas jugée indigne de voir associé à son royaume l’enfant né de mon sein… » Quelques mois plus tard, la reine est de nouveau enceinte. C’est encore un fils, qu’elle baptise Chlodomir. Lui aussi tombe malade. Le père triomphe, mais l’enfant guérit grâce aux prières de sa mère. À partir ce de moment, celle-ci ne cesse de mener la vie dure à son époux pour qu’ils se convertisse.

« Fils de Dieu vivant »

Durant au moins deux ans, Clovis résiste à son épouse. Jusqu’au jour où, se trouvant en fâcheuse posture dans une bataille contre les Wisigoths, il se dit que c’est le moment de tester la puissance du Dieu de sa femme. Il n’a plus rien à perdre, son armée est sur le point d’être balayée. Il lève les mains vers le ciel, prend un ton pleurnichard en s’écriant : « Jésus-Christ, que Clotilde affirme être fils du Dieu vivant, qui, dit-on, donnes du secours à ceux qui sont en danger, et accordes la victoire à ceux qui espèrent en toi, j’invoque avec dévotion la gloire de ton secours. Si tu m’accordes la victoire sur mes ennemis, et que je fais l’épreuve de cette puissance dont le peuple, consacré à ton nom, dit avoir reçu tant de preuves, je croirai en toi et me ferai baptiser en ton nom… »

Le Christ, se trouvant de bonne humeur ce jour-là, dirige une flèche (à moins que cela ne soit une hache) sur le roi alaman, qui tombe raide mort. Privée de chef, l’armée ennemie se disperse. Dieu a fait gagner le roi des Francs ! Rentré à la maison, Clovis raconte cette bonne blague à Clotilde. Mais qu’est-ce qu’elle est heureuse ! Autant que Cécile Duflot apprenant sa nomination comme ministre.

Un royaume plein d’amour

La reine des Francs s’empresse d’envoyer un texto à Rémi pour lui demander de rappliquer dare-dare. Il faut battre le fer tant qu’il est chaud. L’évêque de Reims accourt, saoule Clovis d’arguments en faveur de la vraie foi. Il se montre aussi convaincant qu’un imam islamiste dans une mosquée de la banlieue parisienne. Pour autant, le roi a d’autres raisons pour devenir chrétien. L’une d’elles tient à la population de son royaume qui compte une majorité de Gallo-romains déjà chrétiens. Une autre est le pacte de non-agression que les Bretons acceptent de signer avec lui, à condition qu’il embrasse la religion chrétienne.

Le dernier obstacle à lever : ses guerriers francs, qui ne renonceront pas facilement à leurs dieux traditionnels. Il prend plusieurs cours de rhétorique avec Mélenchon avant de les rassembler. Miracle, avant qu’il n’ouvre la bouche, ceux-ci l’approuvent déjà : « Pieux roi, nous rejetons les dieux mortels et nous sommes prêts à obéir au Dieu immortel que prêche saint Rémi. »

C’est ainsi que la France devient le premier royaume chrétien d’Occident. Un royaume plein d’amour, de piété, de charité, de fraternité. Merci Clovis, et surtout Clotilde. Et dire que, sans eux, la France aurait pu rester un royaume barbare marqué par les massacres, les guerres, les mensonges…

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Tourisme : gare au « syndrome du voyageur »

Des émotions intenses ressenties à l’étranger peuvent entraîner des troubles psychosomatiques, voire psychiatriques, parfois sévères.

Le mur des Lamentations est l'épicentre du "syndrome de Jérusalem".

Le mur des Lamentations est l'épicentre du "syndrome de Jérusalem". © WARTNER/20 MINUTES / SIPA

Par ANNE JEANBLANC

http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/anne-jeanblanc/tourisme-gare-au-syndrome-du-voyageur-25-12-2012-1605895_57.php

Qu’il s’agisse du syndrome de Stendhal, du syndrome de Jérusalem, du choc indien ou du syndrome de Paris, toutes ces manifestations se produisent chez des personnes « normales », brutalement confrontées à certaines réalités du pays visité qu’elles n’avaient pas anticipées. Il peut s’agir d’une simple anxiété accompagnée de palpitations cardiaques, de sueurs, de sensations vertigineuses, voire d’un état délirant, avec hallucinations, sentiment de persécution, agitation ou peur extrême. La Newsletter Santé-Voyage détaille ces troubles qui, fort heureusement, disparaissent avec le retour dans son pays d’origine, mais qui nécessitent parfois quand même un rapatriement sanitaire.

L’un des premiers à faire état de tels problèmes a sans doute été Stendhal. Dans ses Carnets de voyage, en 1817, il écrit : « J’étais dans une sorte d’extase, par l’idée d’être à Florence, et le voisinage des grands hommes dont je venais de voir les tombeaux. Absorbé dans la contemplation de la beauté sublime, je la voyais de près, je la touchais pour ainsi dire. J’étais arrivé à ce point d’émotion où se rencontrent les sensations célestes données par les Beaux Arts et les sentiments passionnés. En sortant de Santa Croce, j’avais un battement de coeur, la vie était épuisée chez moi, je marchais avec la crainte de tomber. » Les hôpitaux de cette ville reçoivent toujours des tourismes victimes du même mal (aussi appelé « syndrome de Florence »), submergés d’émotion devant l’abondance et la richesse des oeuvres d’art de la ville.

Transe et dépression

Le « syndrome de Jérusalem » est proche du précédent. Mais cette fois, l’extase est d’origine religieuse au coeur de cette ville trois fois sainte. Le mur des Lamentations en est l’épicentre. Une quarantaine de personnes y seraient hospitalisées, chaque année, le plus souvent au moment des grandes fêtes religieuses (Noël, Pâques, Pessah) ainsi que durant les mois chauds de juillet et août. Les principaux symptômes rencontrés sont une obsession de purification du corps, la confection compulsive de toges à partir de draps, la déclamation de passages de la Bible, la proclamation de sermons et les hallucinations. 66 % des victimes de ce syndrome seraient de confession juive et 33 % chrétiens.

L’Inde est également une terre propice à ce genre de troubles, a fortiori quand les touristes sont en quête d’autre chose, qu’ils sont à la recherche de mysticisme, de la « Voie ». Il faut dire que l’immense pauvreté, la maladie et la mort très visibles au sein d’une foule dense, d’odeurs fortes, le tout dans une atmosphère chaude et humide, ont de quoi provoquer un « vacillement de la personnalité », qui disparaît après le retour. Mais qui ne « vaccine » pas les voyageurs pour autant, la plupart d’entre eux n’ayant qu’une idée : y retourner.

Reste le « syndrome de Paris », qui touche principalement les Japonais, d’où son autre nom : Pari shōkōgun. Beaucoup sont déstabilisés par le fossé culturel existant entre notre pays (notamment connu au travers du Montmartre des Années folles ou d’Amélie Poulain) et le leur. Ils ont du mal à admettre la saleté relative de nos villes, les retards dans les transports, les grèves, les manifestations, les vols à l’arraché. Mais, pire encore, le comportement démonstratif des Français, leur faculté d’exprimer vivement leur désaccord et les contacts physiques, tout cela a été à l’origine de l’hospitalisation de 63 personnes (29 hommes et 34 femmes, la moitié entre 20 et 30 ans) entre 1988 et 2004 dans le service du docteur Ōta, créé spécifiquement pour eux à l’hôpital Sainte-Anne (Paris).

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Si la Lune n’éclairait plus la Terre

http://www.slate.fr/story/65731/nuke-moon

Que se passerait-il si on faisait exploser un engin nucléaire à la surface de la Lune? Notre satellite dévirait-il de son orbite?

L'ombre de la Terre sur la lune pendant une éclipse lunaire totale à Malaga, en Espagne, le 15 juin 2011 (photo prise avec un temps d'exposition long). REUTERS/Jon Nazca

L'ombre de la Terre sur la lune pendant une éclipse lunaire totale à Malaga, en Espagne, le 15 juin 2011 (photo prise avec un temps d'exposition long). REUTERS/Jon Nazca

A la fin des années 1950, l’US Air Force avait envisagé de faire exploser un engin nucléaire sur la Lune. Lors d’une récente interview sur CNN, le physicien Leonard Reiffel, qui avait participé au projet, expliquait qu’une simple explosion aurait été «microscopique», avec un impact sur la Lune très faible. Mais si la bombe avait été plus grosse (avons-nous suffisamment d’armes nucléaires pour faire dévier la Lune de son orbite)?

Même pas le début du commencement. Selon l’endroit de l’explosion, il faudrait entre 10 et 10 000 milliards de mégatonnes de TNT pour faire dérailler la Lune hors du champ de gravité terrestre. L’engin nucléaire le plus puissant à avoir explosé dans l’histoire est la «Tsar Bomba» soviétique, dont l’énergie équivalait à 50 mégatonnes de TNT. Mis bout à bout, la totalité des engins nucléaires jamais testés ne représente qu’un peu plus de 500 mégatonnes de TNT, et l’arsenal actuel mondial n’en produirait qu’à peine 7000. En d’autres termes, pour faire dévier la Lune de son orbite, l’humanité devrait, en visant parfaitement, déployer une force 1,5 million de fois supérieure à tout son arsenal collectif. (Et en supposant que l’ensemble des têtes nucléaires transfèrent jusqu’au moindre joule de leur énergie sur le mouvement lunaire – soit une impossibilité absolue).

La Lune s’éloigne de nous

Mais dans tous les cas, la Lune s’éloigne de plus en plus de nous, et ce sans aucune intervention humaine. L’attraction lunaire déplace une partie de l’eau terrestre de son emplacement naturel, ce qui crée des renflements à chaque extrémité de notre planète.

Quand la Terre tourne, ces renflements exercent une force sur la Lune, attirée par son orbite, qui s’ajoute à l’énergie cinétique du satellite. En gagnant de l’énergie, l’orbite lunaire s’agrandit. En moyenne, la Lune s’éloigne de la Terre entre 3 et 4 centimètres par an.

La vie sans la lune

A court terme, la vie sans la Lune serait bizarre, et à long terme désastreuse. Si le Soleil était le seul à influencer les marées, les grandes marées se produiraient tous les jours à midi et à minuit. Des changements dans les marées pourraient avoir une influence significative sur les courants océaniques et la météo. Le niveau global des océans changerait lui aussi, vu que l’eau remonterait de l’équateur vers les pôles.

Les sociétés modernes n’ont plus besoin du clair de lune pour les récoltes et autres activités nocturnes, mais de nombreuses espèces animales agissent en fonction de la Lune. Au moment de l’éclosion, certaines tortues, se servent de la lumière lunaire pour se diriger, eteffectuer leur dangereux périple vers la mer. Comme d’autres petits animaux, le lièvre d’Amérique semble rester plus souvent chez luiquand les nuits sont claires, ce qui signifie que le satellite est d’une importance capitale pour les prédateurs. Et quand la Lune est de sortie, les chouettes sont plus volubiles, et ululent plus fort.

La Terre retournée

A l’échelle de milliers ou de millions d’années, les choses pourraient devenir franchement branlantes sur notre planète. A l’heure actuelle, la Terre tourne sur son axe et autour du Soleil, tout en gardant une inclinaison d’environ 23,5°. Cette inclinaison est responsable des saisons, vu que différents endroits sur Terre sont orientés différemment par rapport au Soleil selon le moment de l’année. Si l’influence stabilisatrice de la Lune disparaît, la Terre pourrait commencer à basculer dramatiquement, peut-être même jusqu’à 60°. (L’axe de rotation de Mars est très versatile car la planète manque d’un satellite conséquent).

Sans Lune, les saisons terrestres ne seraient plus régulières, et leur variabilité pourrait s’amplifier. Il est même possible, bien que peu probable, que la Terre se retourne, surtout si elle est heurtée par un objet massif. Certains chercheurs pensent que c’est ce qui est arrivé à Uranus, qui tourne autour du Soleil sur son côté.

L’Explication remercie Jim Bell de l’Arizona State University, Mike Brown du California Institute of Technology et Chris Mihos de la Case Western Reserve University.

Brian Palmer

Traduit par Peggy Sastre

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