Archives quotidiennes : 23 décembre 2012

23 décembre 1888. Et si Paul Gauguin avait tranché l’oreille de Van Gogh d’un coup de sabre ?

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Pour couvrir son ami, le peintre hollandais aurait pu inventer l’épisode de l’automutilation. L’oreille est restée muette…

23 décembre 1888. Et si Paul Gauguin avait tranché l'oreille de Van Gogh d'un coup de sabre ?

FRÉDÉRIC LEWINO ET GWENDOLINE DOS SANTOS

Il y a la version officielle concernant l’oreille tranchée de Van Gogh, et puis l’autre. Celle évoquant une automutilation pratiquée avec un rasoir. Et puis celle, récente, d’un coup de sabre porté par Gauguin lors d’une dispute. Allez savoir laquelle est la bonne… L’oreille est morte depuis trop longtemps pour que David Caruso des Experts de Miami puisse la faire parler. Bref, on vous laisse trancher entre les deux versions.

L’officielle, qui a toujours prévalu jusqu’ici, est celle rapportée parPaul Gauguin dans son livre de souvenirs, Avant, après, paru en 1903. À l’automne 1888, Vincent Van Gogh invite à Arles son ami Paul Gauguin, dont il a fait la connaissance deux ans auparavant à Paris. Le peintre hollandais rêve de fonder une colonie d’artistes dans la Maison jaune qu’il loue depuis le 1er mai précédent. Chaque jour, il peint. Il peint comme un malade, volant les couleurs des fleurs, des arbres, des paysages. Il réalise sa célèbre série Les tournesols. Le 23 octobre, après avoir passé un coup de fil à Philippe Torreton pour savoir s’il n’y a aucun mal à s’installer à Arles, Gauguin débarque chez Van Gogh, en provenance de Pont-Aven. Au départ, l’entente est merveilleuse entre les deux artistes. Ils travaillent de concert sur une série de tableaux. L’un d’entre eux est consacré aux Alyscamps, la nécropole romaine d’Arles. Mais des divergences artistiques se font progressivement jour entre les deux hommes. L’alcool, leur exaltation naturelle ne calment pas le jeu. Ils alternent périodes d’excitation et de déprime. Ils s’engueulent, s’empoignent.

Le voilà bientôt seul, abandonné

Le soir du 23 décembre 1888, une altercation plus violente que les précédentes oppose les deux amis. Gauguin affirme qu’il faut laisser la seule fantaisie guider le pinceau, Van Gogh ne jure que par la nature. Comme on le voit, c’est une querelle sérieuse. Pas une de ces embrouilles concernant des élections truquées à refaire avant ou après les prochaines municipales. Les deux amis rentrent chez eux, continuant à s’invectiver. Gauguin menace de repartir pour Paris. Pris de démence, Van Gogh saisit un couteau pour saigner cette pourriture de Français qui ne comprend vraiment rien à l’art. Effrayé, Gauguin s’enfuit de la Maison jaune, préférant coucher cette nuit-là à l’hôtel.

Resté seul, le Hollandais retrouve ses esprits. Il s’en veut, mais il s’en veut ! Il est désespéré, son ami va l’abandonner, repartir. Le voilà bientôt seul, abandonné. Pour se punir, il saisit un rasoir pour se trancher le lobe de l’oreille gauche. Le sang gicle. Il enroule un chiffon autour de sa tête ensanglantée. Il ramasse le lobe pour l’envelopper dans du papier journal et court l’offrir à une certaine Rachel, prostituée dans un bordel voisin. Pourquoi elle ? Est-ce par hasard ? lui demande son compatriote Dave. Il semblerait que Rachel fasse l’objet d’une rivalité entre les deux hommes. En tout cas, c’est la première fois que la jeune femme se voit confier un tel bout par un client. Elle tombe dans les pommes.

Gauguin, l’escrimeur

Le peintre hollandais regagne alors la Maison jaune, puis s’écroule dans son lit. Le lendemain, les policiers, avertis par le bordel ou par les voisins inquiets, trouvent Van Gogh à demi-inconscient. Ils l’emmènent à l’hôpital où il raconte s’être tranché le lobe dans une crise de folie. Gauguin, interrogé par le gendarme Louis de Funès, confirme la scène. Son témoignage achevé, il saute immédiatement dans un train pour fuir ce dingue de Hollandais. Le rêve de colonie d’artistes caressé par Van Gogh s’effondre.

Voilà cinq ans, deux universitaires allemands, Hans Kaufmann et Rita Wildegans, offrent une version différente de l’incident. Se référant aux rapports de police de l’époque et à des phrases sibyllines extraites des lettres des deux peintres, ils imaginent que, lors de la dispute du 23 décembre, ce n’est pas Van Gogh qui se mutile, mais Gauguin qui lui porte un coup de sabre. Excellent escrimeur, le peintre français a apporté son arme pour s’entraîner dans une salle d’armes locale. Pour écarter son ami devenu dément, Gauguin aurait voulu lui faire peur en le menaçant de son sabre. C’est alors que la lame aurait tranché le lobe.

Les deux universitaires expliquent les accès de folie de Van Gogh par une intoxication au plomb, à l’arsenic et au cadmium présents dans les couleurs manipulées par le peintre. Gauguin aurait jeté son arme dans le Rhône avant que les deux hommes ne passent un pacte de silence, inventant l’épisode de l’automutilation. En ne dénonçant pas son camarade, Van Gogh garde l’espoir de le voir revenir à la Maison jaune. Espoir vain, car Gauguin s’enfuit bientôt à Tahiti. Quant à Van Gogh, il rentre dans une maison de repos à Saint-Rémy pour un an.

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Newsweek c’est fini !

Le grand magazine new-yorkais fondé en 1933 arrête dans sa version papier.

Sa dernière couv’ en noir et blanc.

Et sa première couverture :

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La planète en 2030 vue par les services de renseignement américains

http://passeurdesciences.blog.lemonde.fr/2012/12/23/la-planete-en-2030-vue-par-les-services-de-renseignement-americains/?utm_source=dlvr.it&utm_medium=twitter#xtor=RSS-3208001

par Pierre Barthélémy

C’est un cadeau pour le président Obama fraîchement réélu : le rapport Global Trends 2030, concocté par le National Intelligence Council (NIC) et qui vient d’être rendu public. Le NIC, petit cousin de la CIA, est en quelque sorte le bras analytique et prospectif des services de renseignement américains. Son rapport imagine le monde de 2030. Il présente logiquement un tropisme fort pour la géopolitique mais il a l’intelligence de ne pas oublier que les nations, les sociétés vivent sur une planète physique dont les limites s’avèrent de plus en plus flagrantes, que les êtres humains ont des besoins élémentaires (se nourrir, boire, se loger, se chauffer, se déplacer) et que ne pas pouvoir les satisfaire est aussi un facteur d’instabilité dans le monde. Je laisserai les aspects purement diplomatiques et géostratégiques aux journalistes et blogueurs spécialisés dans ces domaines pour m’attarder sur la manière dont les services de renseignement américains voient la Terre nourricière en 2030.

Les auteurs du rapport font un rapprochement entre le monde d’aujourd’hui et celui de grandes transitions dans l’Histoire : 1815 (fin de l’empire napoléonien), 1919 et 1945 (lendemains des deux guerres mondiales), et 1989 (chute du mur de Berlin et fin de l’affrontement Est-Ouest). A chaque fois, disent-ils, le chemin de l’avenir n’était pas tout tracé et plusieurs options s’offraient au monde. Il en va de même pour les années qui s’offrent à nous. Mais parmi les éléments qui contraindront le futur, il en existe un prépondérant : la démographie. 2030, c’est une planète de 8,3 milliards d’habitants (contre 7,1 à la fin de 2012), une planète vieillissante et de plus en plus urbanisée puisque, comme l’avait annoncé une étude publiée en septembre dont je m’étais fait l’écho, environ 5 milliards d’humains vivront alors en ville. Un chiffre à comparer avec les 750 millions d’urbains que comptait la Terre en 1950 (sur une population globale de 2,5 milliards d’habitants).

Soixante pour cent de la population mondiale dans les villes, cela n’est pas sans conséquences, notamment pour l’environnement. Le rapport explique qu’historiquement, l’urbanisation croissante « a conduit à des réductions drastiques des forêts, des changements négatifs dans le contenu nutritif et la composition microbienne des sols, des altérations dans la diversité des plantes et animaux supérieurs (incluant des extinctions locales) ainsi que des changements dans la disponibilité et la qualité de l’eau douce. Dans certaines études, ces impacts ont été détectés à des distances dépassant parfois les 100 kilomètres du plus proche centre urbain. »

Au défi démographique s’ajoutent les défis climatique et alimentaire. Et tous les trois s’entremêlent. Une simple extrapolation des tendances actuelles en matière de consommation alimentaire donne des résultats susceptibles de faire tirer quelques signaux d’alarme. En raison de la croissance de la population et des changements de mode alimentaire dans les pays émergents, la demande mondiale en nourriture devrait augmenter de plus de 35 % d’ici à 2030. Or les rendements agricoles, même s’ils continuent de s’améliorer, ne suivent pas la même pente et, selon le rapport, nous vivons déjà sur les réserves : « Au cours de sept des huit dernières années, le monde a consommé plus de nourriture qu’il n’en a produit. Une grande étude internationale estime qu’en 2030, les besoins annuels en eau atteindront 6 900 milliards de mètres cubes, soit 40 % de plus que les ressources durables actuelles. » Le rapport ajoute que, dans moins de deux décennies, presque la moitié de la population mondiale vivra dans des régions soumises à d’importants stress hydriques et il évoque clairement la question des guerres de l’eau.

Les tensions sur les ressources en eau et en nourriture risquent par ailleurs d’être avivées par le changement climatique. Au lendemain des négociations ratées de Doha sur la limitation des gaz à effet de serre, qui reflètent le manque d’engagement patent des Etats-Unis dans la lutte contre le réchauffement climatique, ce n’est pas sans une certaine ironie que l’on lit, sous la plume d’officiels américains, les craintes que le phénomène suscite. Même si les climatosceptiques ont bonne presse outre-Atlantique et si certains d’entre eux siègent à la Chambre des représentants et au Sénat, dès qu’il s’agit de choses sérieuses et de risques encourus par les Etats-Unis, plus personne, dans les hautes sphères, ne doute de la réalité du réchauffement climatique. Le rapport est on ne peut plus clair sur le sujet. Même si ses auteurs refusent, probablement en raison du « climatosceptiquement correct » en vigueur chez une majorité d’Américains, de trop mettre en avant les résultats des modèles climatologiques, ils sont bien obligés de reconnaître que la planète se dirige vers une hausse de la température moyenne d’« environ 2°C au milieu du siècle. Si les émissions [de gaz à effet de serre] continuent sur la tendance actuelle, une hausse de 6°C à la fin du siècle est plus probable que 3°C, ce qui aura des conséquences encore plus importantes. »

Cela n’augure rien de bon pour les questions de sécurité alimentaire. Non seulement la population sera plus nombreuse, non seulement les populations des pays émergents sont, grâce à l’augmentation de leurs revenus, déjà en train de changer leur régime alimentaire en y incluant plus de viande, dont la production est coûteuse en eau et en céréales, non seulement les mégalopoles repoussent et grignotent les espaces agricoles, non seulement les rendements ne sont pas forcément au rendez-vous, notamment en Afrique, non seulement certains sols surexploités se dégradent, mais voilà que le changement climatique vient aussi perturber l’industrie agro-alimentaire : événements météorologiques extrêmes plus fréquents, modifications du régime des pluies, disparition de certains glaciers qui alimentent les cours d’eau pendant les saisons sèches, etc. On ne sera pas étonné de trouver, en tête des solutions envisagées pour remédier aux éventuelles crises alimentaires, le recours aux plantes génétiquement modifiées.

Pierre Barthélémy (@PasseurSciences sur Twitter)

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